La mobilisation de bénévoles : une force du communautaire

 Dans Nouvelles

David Castrillon[1]  – MSc en Gestion

Directeur général – Parrainage civique de l’est de l’île de Montréal (PCEIM)

Président – Réseau alternatif et communautaire des organismes (RACOR) en santé mentale de l’île de Montréal

 

Le bénévolat en santé mentale

En cette semaine d’action bénévole, en plus de rendre hommage à l’implication bénévole au PCEIM, nous souhaitons mettre en avant son impact. Pour commencer: un chiffre, plus de 175,196 heures1 de bénévolat  sont partagées avec 97 organismes dans le secteur de la santé mentale à Montréal. Si l’on pense à ce chiffre en termes économiques, aucun autre type d’organisation que les organismes communautaires n’arrive à ce niveau d’efficacité dans et par la mobilisation de ressources disponibles. Et non plus aucun autre type d’organisation ne fait autant de sens pour la population, surtout dans une époque où l’on connait un manque de sens au travail. Paradoxalement, ce type d’organisations est aussi le moins reconnu en termes financiers.

L’implication bénévole comme création d’espace d’inclusion

Pour revenir au rôle des bénévoles, leur principale contribution au sein du PCEIM est de collaborer ensemble à répondre à et entretenir un des besoins humains essentiels : le sentiment d’existence. Concrètement, il s’agit de la co-création d’espaces d’inclusion, où les personnes y participant ressentent qu’il y a bien une place pour eux dans la société.

Comment co-créer ces espaces d’inclusion?

Le premier pas c’est la présence d’une implication bénévole dans les activités. Le fait d’aider est déjà un geste de reconnaissance pour les participants de l’organisme. Le message envoyé est clair : « il y a une place significative pour vous, et vous, tout comme moi, avons besoin de sentir qu’on compte pour quelqu’un».

Les échanges avec les participants dans les différentes activités collectives  est un autre pas dans le processus d’inclusion. Cela implique d’être ouvert au dialogue et à l’apprentissage collectif : échanger sur les sujets proposés, être ouvert aux idées des autres, donner et demander des explications, proposer des sujets d’apprentissage et de discussion, apprendre des expériences des autres et les valoriser.

Donner mais recevoir aussi!

Une autre caractéristique d’un bénévole centré sur l’inclusion est sa disposition à recevoir. Les relations égalitaires et riches exigent une double ouverture, c’est-à-dire à la fois de donner et de recevoir. Ainsi, lorsqu’un bénévole participe pour aussi recevoir, et non pas juste donner, il est capable de reconnaître sa propre vulnérabilité. Il s’agit en fait de la capacité de se montrer humain. Ce geste permet aussi de comprendre que peut-être, celui qui reçoit le plus dans son existence, c’est celui qui donne.

Pour finir, une dernière qualité que nous pouvons nommer est l’imagination, qui est une  essentielle pour engendrer une société plus inclusive : le partage d’idées est un outil précieux qui permet de bâtir plus de lieux d’inclusion. Cette imagination est ancrée dans l’espoir de pouvoir avancer vers une société consciente de nos liens humains.

Le bénévolat au PCEIM implique ainsi d’être clair dans l’établissement des relations humaines égalitaires, où des citoyens décident d’accompagner, inviter, motiver d’autres citoyens à prendre part à sa communauté.  La citoyenneté, l’aspect civique, est, au sens large, une des voies pour promouvoir le développement relationnel actif et le sentiment d’exister. En fait, elle véhicule une représentation de la nature humaine qui met en lumière notre interdépendance essentielle.

1Portrait des organismes communautaires et alternatifs membres du RACOR en santé mentale, 2018

 

 

 

 

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